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Une situation alimentaire difficle

  • 11 juin 2016
  • 4 min de lecture

Depuis déjà bien longtemps, notre belle île peine à réussir à fournir suffisamment de produits alimentaire de base malgré les efforts conjoints du département de la recherche et du développement agro-alimentaire du ministère de l'agriculture et des collectivités locales alliées aux exploitants agricoles du territoire.

Pour pallier à ce phénomène, Altis a pu bénéficier d'un approvisionnement en nourriture diverses grâce à des accords d'importations et de transports mais la régularité de ceux-ci devient de plus en plus erratique, instillant la crainte grandissante d'une pénurie au sein de la population.

Des augmentations de coûts de productions, de transports et qui au finale se répercutent sur les finances de nos concitoyens ont données lieu à diverses rencontres en métropole entre tous les acteurs qui gèrent la "ligne de vie" de notre île sans donner de résultats probants quand à une amélioration de la régularité des transports alimentaires ni sur un arrangement concernant le financement de ces derniers.

De nombreux commerces se voient contraints de fermer leurs portes aux clients par faute de marchandises, les boîtes de conserves, le riz, la farine et les pâtes étant les denrées les plus rapides à disparaître.

Frank Grumaut, gérant d'un point de restauration rapide à Zaros nous à déclaré :

" Ça devient très difficile. La situation n'a jamais été très marrante mais depuis plusieurs semaines, y'a des jours où je n'ouvre même pas parce que à part de l'eau, des barres de céréales et des confiseries, j'ai rien à proposer et c'est pas en les gavant de flotte et de sucre que je vais contenter mes clients. J'ai des commandes passées depuis plusieurs jours déjà dont je n'ai aucune nouvelles, je sais même pas si elles ont été enregistrées.... Et puis, j'ai pas que des clients, j'ai aussi une famille à nourrir...."

Du côté des exploitants agricoles, le morale n'est pas plus au haut. De nombreuses rivières et lacs se sont asséchées il y a de nombreuses années et la majeure partie des ressources en eau est réservée à la mise en bouteille pour la consommation.

De très nombreuses anciennes cultures ont cédé la place à de grandes étendues sèches et en friches et les élevages ovins et bovins se sont également clairement raréfiés.

Certaines des trop rares exploitations d'Altis ont pu récemment recevoir la visite d'une équipe d'agronome chapeauté par le chercheur en biologie et agronomie, le docteur Groente de l'université de Wageningen aux Pays-bas, qui travaille en collaboration avec le département agroalimentaire de l'université de Nantes.

Prélèvements de terre, de végétaux, d'air et d'eau se sont multipliés en divers points de l'île mais aucun élément ou explication n'a pu permettre d'éclaircir la finalité de ces tests et analyses.

Le directeur de la coopérative de Lakka, Grégoire Leduc, a bien accepté de répondre à quelques questions concernant les difficultés de sa filières et ce qui en découle pour les habitants de l'île.

Néomédia : " M. Leduc, de nombreuses exploitations ont disparu depuis ces 20 dernières années sans être reprises et les soucis d'approvisionnement par bateau perdurent et pourtant, la population de l'île marque une croissance légère mais régulière. L'agriculture et l'élevage sur Altis sont-ils en mesure de combler temporairement les retards d'arrivages de denrées alimentaires en provenance du continent ? "

Grégoire Leduc : " Et bien... En toute honnêteté, cela va être de plus en plus difficile. Nous avions réussi à maintenir un équilibre durant de nombreuses années en matière de céréales malgré des récoltes irrégulières mais l'appauvrissement des sols et surtout les difficultés d'irrigation en ont fait céder plus d'un et à présent l'industrie céréalière est clairement déficitaire. Les pluies se font rares et même si elles durent, l'eau est très rapidement absorbée et les cultures n'ont pas le temps d'en profiter correctement. Nous avons bien des citernes de récupération mais c'est presque insignifiant au vu des besoins réels. Les vergers d'oliviers sont parmi les rares à bien s'en sortir mais on ne peut pas se nourrir que d'olives."

NM. : " Des visites auprès d'exploitations ont eu lieu ces derniers jours par une équipe de chercheurs et d'agronomes. Avez vous eu des informations sur le but de ses visites ? Les projets et les aides dont pourrait bénéficier notre île ? "

G.L. : " Ce n'est pas la première fois que de telles visites ont lieu mais à mon sens, cela ne réglera pas grand chose. Nous avons plus l'impression de servir de témoin-test dans des projets qui ne nous concernent au final pas. Nous avons pu bénéficier d'aides financières pour pallier certaines pertes mais cela ne peut arranger en rien les besoins de la population. Pour les projets, ce qui pourrait bien nous aider, ce serai de retirer cette interdiction de la chasse aux lapins. C'est pour nous totalement incompréhensible que avec toutes les difficultés que nous avons dans nos cultures il nous faille laisser ce fléau dévaster ce qu'il en reste. Réguler la population des lapins aiderait les agriculteurs et aussi la population en fournissant un apport en viande plus qu'intéressant pour pallier au manque."

NM : " Comment voyez-vous le futur en ce qui concerne l'agriculture et la fourniture alimentaire de l'île ? Avez-vous des idées sur des solutions, même temporaires, à apporter ? "

G.L. : " Pas très positivement. De nombreuses petites pénuries se produisent régulièrement sur de nombreux produits alimentaires et il est clair que le peu d'exploitations agricoles en activités ne peuvent pas assurer le complément des livraisons pas bateau comme je vous l'ai déjà dit alors, s'il y a une chose à faire, ce serai d'inciter un grand nombre de volontaires à participer à des opération de récoltes de fruits et de légumes comme la pomme de terre par exemple qui se cultive étonnament bien dans certaines parcelles mais que les agriculteurs eux même n'ont pas forcément le temps et les moyens d'aller ramasser. Comme je l'ai dit, il s'agit d'un exemple parce qu'il y a très certainement d'autres sources de nourritures disponible sur l'île qui pourraient aider à éviter des moments critiques, reste à trouver les bras et les bonnes volontés pour aider la population."

Crédit photos : Karl Steiner


 
 
 

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